Nous avons choisi le thème suivant : L'impact des religions dans nos sociétés.
Des étudiants et des jeunes professionnels musulmans et chrétiens, engagés dans des associations, étaient invités à participer à cette causerie-débat.

A 17h00, les 16 participants sont arrivés petit à petit. Nous étions 5 filles, ce qui est pas mal car, en Guinée, il est difficile pour une fille de se libérer le soir. Chacun s'est présenté : nous étions exactement 8 chrétiens et 8 musulmans.

Tour de présentation

M. Sidibé et Ludovic ont ouvert la causerie par une petite introduction pour présenter le thème. Nous avons proposé 3 pistes de réflexion :

  • Quels sont les constats de l'influence des religions sur la vie sociale ? (culture, mode de vie, communication...)
  • Quels sont les impacts des religions sur la sphère politique ? (laïcité, réglementations, relations internationales...)
  • Quel impact la religion a exercé au niveau personnel ? (sur mes choix, mes engagements, dans ma vie professionnelle...)

Le débat a commencé timidement puis au fur et à mesure des interventions, il a pris un bon rythme de paroles, d'écoute mutuelle et de partage de ce que chacun vit.

L'ensemble des participants au débat

Voici quelques extraits des interventions :

Sur la sphère sociale :

  • Aujourd'hui, les pratiquants font face à des dérives d'interprétation des textes et de méconnaissance de leur religion. "Beaucoup lisent le Coran ou la Bible, mais peu cherchent à comprendre Dieu et à agir selon sa volonté."
  • "Toutes les religions apportent quelque chose à la société, elles ont un but commun, elles nous appellent à nous aimer les uns, les autres."
  • Les impacts positifs sur la société : visite aux malades, soutien aux prisonniers (alphabétisation, vêtements, nourriture), solidarité dans la famille élargie, lutte contre les fléaux de la prostitution, de la drogue et du banditisme.
  • Les menaces ou impacts négatifs : "refus de loger les étudiants chrétiens pour les musulmans", "souhait de prôner nos religions plutôt que de les mettre en pratique : amour partial, refus de l'assistance aux incroyants, l'incompréhension (ségrégation dans les services)", "le problème des terroristes qui se réclament de l'Islam et qui provoquent une ségrégation des musulmans modérés dans la société."

Sur la sphère politique :

  • "On passe souvent par les chefs religieux pour calmer une situation tendue."
  • Différence entre les religions comme moyen régulateur dans les sociétés et un état religieux
  • L'impact des religions sur les lois (ex : jours fériés pour les fêtes musulmanes et chrétiennes) et la primauté de la conscience personnelle dans nos choix et nos comportements.
  • Difficultés pour les religions minoritaires pour trouver leur place dans une société construite sur une religion unique.
  • La question du port du voile et des signes religieux dans les écoles, du divorce (reconnu dans l'Islam, non pour l'Eglise catholique : "ce que Dieu a uni, on ne le sépare pas")
  • Sur le plan international : rôle de discernement et d'ouverture du dialogue pour éviter certains conflits, rôle d'apaisement, actions des ONG pour le développement et pour la paix. Dérives : terrorisme, la religion comme prétexte de guerre...

Sur la sphère personnelle :

  • "La foi a créé en moi un esprit de fraternité et d'amour, de tisser des liens avec des autres croyants et le courage d'approcher les prisonniers et les mendiants"
  • "Cela m'a amené à m'engager dans une association pour lutter contre les injustices et les conflits"
  • "L'islam m'a appris comment me comporter dans la société, comment parler aux gens sans les vexer"
  • "L'islam m'a permis d'approcher les gens, de prier et de partager avec des non musulmans"
  • "L'amour va de trait avec l'engagement et le respect de soi et des autres"
  • "La paix intérieure, le sens de l'humanisme, accepter le destin"
  • "C'est Dieu qui agit en moi à travers la pratique quotidienne"

Interventions des uns et des autres

Nous avons clôturé le débat en rappelant l'importance du dialogue inter-religieux et de l'engagement de chacun pour construire un "vivre ensemble", dans le respect de l'autre, de sa différence, de sa liberté et de s'unir pour la paix.

La rencontre s'est terminé en partageant un plat de riz ensemble et par la prise des contacts des uns et des autres. Les membres des différentes associations se sont lancés des invitations pour leurs prochaines activités.

Moments de convivilaité

Partage du repas

L'ensemble des participants étaient très contents de cette causerie et ont demandé de renouveler ces rencontres, tout en remerciant les initiateurs.
Dans un climat de tensions et de méfiance, il est essentiel de vivre des temps d'ouverture vers les autres, pour toujours apprendre à mieux se connaître et se comprendre.