Au vu de la situation actuelle en Guinée, le ministère des Affaires Étrangères a publié depuis 3 jours une recommandation aux ressortissants français de quitter le pays.

Sans vouloir jouer sur les mots, nous voulons tout de même préciser qu'une recommandation n'est pas une demande expresse et encore moins une évacuation (Mme Aubert, premier conseiller de l'ambassade de France est la première à le rappeler aux nombreux ressortissants qui saturent sa ligne directe depuis hier). Avis aux journalistes psychotiques qui s'amusent à effrayer le monde entier à coup de grippe porcino-aviaire, de bombes nucléairo-iraniennes, de bonbons lacto-chinois et enfin de crise mondialo-Guinéenne.

Certes, il y a eu des morts le 28 septembre 2009 à Conakry, trop de morts et de violence ! Et la lumière sur ce qui a été commis ne sera pas facile à faire. Certes, la situation politique du pays est inquiétante : les ministres démissionnent et une certaine discorde semble s'installer à l'intérieur même de la junte au pouvoir. La junte n'est d'ailleurs plus du tout aussi soutenue qu'en début d'année.

Mais les Guinéens souhaitent la PAIX ! Ils ont eu peur après les débordements de février 2007, ils ont compris le gâchis conséquent aux pillages et à la pagaille généralisée (pour reprendre une expression très à la mode ici. C'est très mal vu d'être un "pagailleur"...).

La pression internationale actuelle (Union Africaine, CDAO, UE, USA...) est forte sur la Guinée, nous ne savons pas si elle sera efficace pour aider le pays et ses dirigeants à s'avancer vers le chemin de la démocratie. On peut à ce sujet s'interroger sur la nomination du médiateur... On parle aussi de sanctions, les guinéens s'inquiètent bien évidemment de savoir qui va souffrir en premier... Il s'agit rarement des élites visées !

Rassurez vous, nous n'avons pas l'intention de jouer les héros ni les martyrs, mais on l'a déjà écrit ici et on le répète : tant que nous nous sentons en sécurité (et c'est toujours le cas), nous ne voyons pas de raison de partir. On est conscient que nous ne sommes pas indispensables pour faire fonctionner le Centre de formation, mais malgré tout, notre place aujourd'hui est ici et nous n'avons pas envie de retourner prématurément en France ou ailleurs, vivre des semaines d'attente inutiles et angoissantes.

Nous comprenons très bien que certains de nos amis préfèrent sortir quelques temps (en particulier ceux de Conakry ou ceux qui sont proches des frontières), c'est bien normal d'être inquiet et d'avoir besoin de prendre du recul. Nous compatissons avec ceux qui n'ont pas eu le choix et qui ont dû se plier à une décision qu'ils n'ont pas prise eux mêmes. Que chacun arrive à vivre ce temps "suspendu" de la meilleure manière possible.

Nous restons vigilants, discrets, extrêmement prudents... Nous sommes en contact régulier avec l'ambassade de France. Philippe Corduant, le président de Guinée Solidarité Provence ainsi que le SCD (notre organisme de volontariat) sont à notre écoute et si la situation évolue et que nous souhaitions rentrer, tout sera mis en œuvre pour que le retour se passe dans les meilleures conditions.

On va donc passer quelques jours de vacances dans le calme du monastère de Friguiagbé. Si la situation le permet, nous irons peut être passer un jour ou deux à Conakry pour quelques démarches et quelques rendez-vous, mais cela sera décidé à la dernière minute en fonction des évènements futurs.

Merci pour vos petits mots de soutien... Rassurez-vous, on va bien !