Nous apprécions notre semaine de repos. Nous pouvons enfin nous changer un peu les idées. Depuis notre arrivée à Kankan, le programme se déroule au fil des rencontres.

Lundi matin, nous avons tenté une visite chez nos partenaires d’IMIS (missionnaires mexicaines qui encadrent un programme de rééducation pour des jeunes handicapés), mais leur centre est aussi en vacances et elles viennent juste de partir pour Conakry. Décidément, nous n’avons pas de chance, voilà deux fois que nous passons à Kankan et qu’elles sont en voyage.

Sur le chemin du retour, nous sommes interpellés par des jeunes étudiants qui préparent leur repas sur une terrasse. Le bâtiment est assez vétuste, il parait même abandonné, mais c’est là qu’ils ont trouvé de quoi se loger pour suivre les cours à l’université. Ils sont kissiens, originaires de Guékédou en région forestière. Ils nous invitent à venir discuter un peu.

Une marmite sur le feu mijote doucement, ils nous expliquent que c’est la sauce feuille de manioc dans laquelle ils rajoutent quelques grenouilles dont ils sont friands…

Un kissien a la réputation de manger tout ce qui ne va pas lui dire « Laisse moi ! »… On vous conseille donc d’apprendre à dire « Laisse moi ! » en kissien… Ces jeunes étudiants nous racontent un peu leurs difficultés, leurs espoirs pour l’avenir, la réalité de la vie étudiante en Guinée. Ils nous proposent de goûter à la sauce grenouille, nous déclinons poliment l’invitation, un poulet frites nous attend au centre d’accueil diocésain où nous devons retrouver Jeams, un autre étudiant que nous avions rencontré à Dalaba (voir article sur le Pont de Dieu).

L’après midi, nous retrouvons les jeunes kissiens qui, avec Jeams, nous font visiter leur campus. L’université de Kankan est l’une des plus grandes et des plus anciennes de Guinée. Nous prenons quelques photos et saluons quelques uns de leurs professeurs.

De nombreuses inscriptions trainent sur le murs… quelques citations philosophiques, quelques proverbes et quelques délires d’étudiants :

Nous poursuivons avec eux notre visite de Kankan, en passant par le marché.

Il fait chaud, très chaud, nous partageons un jus frais à l’ombre d’une station service. Le cadre n’est pas très agréable, mais le jus nous désaltère. Ensemble nous rejoignons le pont de Milo récemment goudronné. Le Milo, qui s’écoule au dessous sert au nettoyage du linge, des enfants et des véhicules. Des jeunes se baignent et Jeams, étudiant en biologie, en profite pour nous faire un petit topo sur les parasites qui traînent dans ce marigot… nous resterons donc à transpirer sur le pont, tant pis pour la baignade !

Quelques fours de briques traditionnels se dressent sur les berges de la rivière. L’usine de briques ne fonctionne plus depuis longtemps, alors les méthodes ancestrales ont repris le relais pour assurer l’approvisionnement des chantiers de construction.

Nous nous quittons ravis de toutes ces découvertes. Lors de notre précèdent passage à Kankan, nous n’avions guère connu que la gare routière.

Ce soir, nous allons retrouver Mathilde et Olivier qui viennent de déménager de Mamou vers Kankan. Demain matin, nous rejoindrons St Alexis.