M. Condé pratique la cordonnerie depuis l’âge de 8 ans. Il est sensible à la situation des handicapés car sa propre maman avait une déficience mentale. Il a donc commencé à travailler très jeune pour assurer un revenu pour la famille et prendre en charge sa maman. Il parle le français, le poular, le soussou, le malinké (sa langue maternelle), mais n’a pas pu suivre l’école donc il ne sait presque pas lire ni écrire. Il regrette beaucoup mais n’a pas vraiment eu le choix.

Il se prénomme « Lamarana » ce qui signifie qu’il est né pendant le mois de carême (Ramadan). Aujourd’hui, il est marié et il a 4 garçons. Il travaille en ville comme cordonnier traditionnel et vient deux jours par semaine au centre pour former les élèves.

Il loue une jolie maison à quelques pas du terrain où il fait construire petit à petit sa propre maison. Sa femme qui vend des plats préparés sur le marché et lui-même, mettent un peu d’argent de coté chaque mois pour avancer les travaux. Ils espèrent poser le dallage d’ici la fin de l’année pour emménager. Il restera alors à faire le faux plafond et la peinture mais la maison sera tout de même habitable en attendant.

Comme d'habitude, après les salutations, en entrant dans la concession, on nous fait asseoir et nous partageons un plat de riz. Nous sommes impressionnés par la vue magnifique sur Mamou que nous observons depuis la terrasse.

Zoom sur le marché de Mamou :

Les jumeaux, petits derniers viennent se joindre à nous et M. Condé leur donne à manger le riz à la sauce gombo que sa nièce avait préparé pour nous.

Nous discutons un moment avec lui, nous parlons de sa famille, de son histoire, de ses projets et du Centre. Nous nous sentons bien sur cette terrasse et le soleil de fin de journée nous apporte une belle lumière et une chaleur agréable.

Après une bonne heure de discussion, nous « demandons la route » comme on dit ici. M. Condé nous raccompagne jusqu’à la voiture que nous avions laissé en bas du quartier.

Nous avions eu des difficultés pour le recrutement mais nous sommes particulièrement contents de ce formateur en cordonnerie. Il est motivé par le projet et très compétent dans son rôle de formateur. Nous lui avons proposé une formation à l’utilisation des machines à coudre le cuir, dans l’espoir qu’il puisse un jour transmettre cette technique aux élèves du centre.