Vendredi après-midi, nous sommes partis rejoindre Julien, volontaire à Labé et son amie Anne en visite ici. Nous sommes allés nous désaltérer au maquis du coin, où nous avons commencé à jouer au « 6 qui prend ». Puis nous avons commandé des brochettes de bœuf avec des frites (un peu seulement, il y a souvent peu d’accompagnement). Nous avons poursuivi la soirée chez Julien, avec cette fois ci un jeu de dès, en partageant une tarte tatin à l’ananas préparé par leur soin. Soirée bien sympathique avant d’entamer la route du lendemain.

5h30 : debout tout le monde ! Et oui, on nous a averti que la piste était mauvaise, alors on se lève tôt pour affronter les imprévus potentiels de la journée.

Premier objectif : Mali (ville guinéenne), à 120 km plein nord de Labé, toujours dans la région du Fouta. (soit à 260 km de Mamou) Nous partons au lever du soleil sur Labé vers 6h30. Il y a déjà de nombreux guinéens qui ont repris leur besogne.

Nous arrivons sur la piste… surprise, elle est plus que praticable…La piste a été grattée et aplanie. Mais ce n’est que le début. On s’attend à trouver des gros trous avant d’arriver à Mali.

Finalement nous ne croiserons que quelques villages de cases et de très nombreux singes mais pas de trous. Les singes nous narguent au bord du chemin, en se balançant d’une branche à l’autre, difficile à prendre en photo.

Au bout de 3h00 de piste, nous arrivons bel et bien à Mali, sans trop de secousses. La piste était vraiment en bon état, grâce au récent entretien (on nous a parlé d’un grattage au mois d’octobre). C’est un bon début !

Deuxième objectif : saluer le gardien de la maison de Nadine Bari (fondatrice de Guinée Solidarité), qui nous guidera vers la responsable du CAAF. (Centre d’appui à l’autopromotion féminine). Nous profitons de notre passage à la maison de vacance de Nadine B. pour admirer la fresque extérieure réalisé par le peintre Ibrahima Barry et représentant la Dame de Mali. On l’aperçoit au loin, à gauche. Qui est cette Dame de Mali ? Nous y reviendrons plus bas.

Troisième objectif : Trouver un logement pour la nuit. Jacob, le gardien, nous accompagne jusqu’au CAAF. Nous faisons appeler la présidente. Elle nous reçoit, nous fait visiter les locaux et la production des femmes. Puis, nous lui demandons quelles sont les possibilités de logement. On lui dit qu’on a une tente si besoin. Mais non, vous rigolez, vous n’allez pas dormir sous votre tente ici ! Elle s’en va, puis revient avec une clé. Elle connaît un ami qui loue une maison aux gens de passage. Elle nous accompagne jusqu’à celle-ci. Nous réglons 30000 francs guinéens pour 2 chambres (soit moins de 5€). Nous n’aurions pas trouvé mieux dans les auberges avoisinantes. Mais tout a un prix et la propreté des sanitaires et du salon laisse à désirer. Ce n’est pas grave, nous ne restons qu’une seule nuit. De toute façon, à Mali, il n’y a ni eau ni électricité, donc les derniers occupants ne se sont pas préoccupés de laisser la maison propre. 

Quatrième objectif : trouver le site de la Dame de Mali. Une fois, nos affaires déposées, nous prenons la piste pour nous rendre à l’observatoire de la Dame de Mali. La Dame de Mali est une silhouette sculptée par l’érosion dans les falaises Est du mont Loura. Son regard plonge sur la plaine qui s’étend vers le Sénégal et le Mali. Nous prenons notre pique-nique en face de Madame.

Puis nous rejoignons le mont Loura, où nous atteignons le haut de la tête de Madame. De notre perchoir, nous avons une vue magnifique sur la plaine et sur les petits villages dont on voit bien l’organisation des cases et les clôtures avec les branchages qui les entourent.

Au retour à Mali ville, nous prenons un jus en jouant (encore !  ) à Camelot jusqu’en début de soirée. Puis nous rejoignons le seul maquis offrant à manger à Mali, un repas à l’extérieur pris sous la pleine lune en jouant à la belote, à la lumière de la bougie ! Nous rejoignons nos pénates pour jouer aux cartes (et oui, nous sommes infatigables).

Après une nuit fraîche, nous improvisons un petit déj à base d’ananas, de pain et de miel… et de saucisson pour certains (grâce à Anne qui arrive tout juste de France).Le responsable du « bureau de tourisme » vient nous rendre visite. Il a entendu qu’il y avait des blancs de Guinée Solidarité à Mali. Nous partons ensuite en direction de son bureau pour nous inscrire sur son « livre d’or des touristes passés à Mali ». Et oui, Ludo il y en a un à Mali. En arrivant, Ludo avait dit « bon, on va se renseigner à l’office de tourisme de Mali ! » avec une pointe d’ironie. Notons tout de même que le « bureau du tourisme » est avant tout une petite papeterie.

Nous rejoignons la « place » du marché. Le dimanche est le jour du marché hebdomadaire. De nombreuses vendeuses venus des villages voisins sont accroupies devant leur marchandise, accrochées à leur parapluie pour se protéger du soleil.

Elles sont réparties sur tout le terrain rocheux en pente. C’est un beau tableau haut en couleurs et en odeurs. Nous faisons l’achat de plusieurs pagnes indigo. Mali est connu pour ses tisserands et ses teinturiers.

En début d’après-midi, nous prenons le chemin du retour. En arrivant à Mamou, après 5 heures de route, nous sommes très contents de ce WE mais lessivés. Le soir, pas besoin de nous bercer !

Coucher du soleil au retour :